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23 ao�t 2011

Le proc�s de Charlotte Corday

"J'ai tu� un homme pour en sauver cent mille" - Charlotte Corday � ses juges

N�e le 27 juillet 1768 , Marie-Anne-Charlotte Corday est le troisi�me enfant d'une famille pauvre issue de la noblesse. Pensionnaire au sein de l'abbaye aux Dames � Caen, elle b�n�ficie d'une �ducation soign�e et d'une instruction de qualit� sup�rieure � celle des jeunes filles de son temps, �veillant sa curiosit� intellectuelle. Cette descendante de Pierre Corneille a 25 ans quand elle effectue son premier voyage � Paris.
Son objectif : assassiner Jean-Paul Marat.

PROCES DE CHARLOTTE CORDAY

- Sommaire -


CONTEXTE HISTORIQUE

Depuis le 10 ao�t 1792, la famille royale est enferm�e � la prison du Temple et Louis XVI a �t� guillotin� le 21 janvier 1793. Sur fond de guerre europ�enne (les monarchies europ�ennes se sont unies pour d�clarer la guerre � la France) et de guerre civile (certains r�gions se sont soulev�es, comme la Vend�e, majoritairement royaliste), la Convention nationale, �tablie depuis le 20 septembre 1792, se d�chire. Domin�e au d�part par les Girondins (de position mod�r�e), le pouvoir va revenir � partir du printemps 1793 aux Montagnards (de position plus radicale) qui parviennent � arr�ter et expulser les d�put�s girondins, contraints alors de se r�fugier en province, et notamment � Caen, o� ils appellent au soul�vement.

Vivant chez sa tante, depuis la suppression des ordres religieux fix�e par la Constitution civile du clerg� (du 12 juillet 1790), Charlotte Corday assiste aux r�unions politiques organis�es � Caen et embrasse les id�es girondines. Ouverte aux pens�es nouvelles, elle est toutefois abomin�e par les exc�s et d�rives de la R�volution, tels que les tueries qui deviennent fr�quentes � Caen, suite aux massacres de septembre 1792.

Outre les accusations des Girondins � l'adresse de Marat (acquitt� par le Tribunal r�volutionnaire le 24 avril 1793 apr�s la mise en accusation par la Gironde), les "Placards" (affiches politiques) font souvent r�f�rence au d�put� montagnard, pour tout ce qui se rapporte aux crimes de sang. A ses yeux symbole de l'injustice et du mensonge, "l'Ami du peuple" devient sa cible.

Marat

Fran�ais d'origine suisse, Jean-Paul Marat na�t en 1743 au sein d'une famille modeste. Apr�s des �tudes de m�decine � Toulouse, Bordeaux et Paris, il s'�tablit un temps en tant que m�decin et v�t�rinaire en Angleterre, puis rentre en France en 1776.

A la t�te du journal quotidien "L'Ami du peuple" publi� de 1789 � 1792, il est �galement �lu d�put� � la Convention et pr�sident du Club des Jacobins.

Repr�sentant la tendance la plus extr�me de l'�lite r�volutionnaire, ses talents d'orateur le rendent populaire et m�diatique.

LES FAITS

Le 9 juillet 1793, Charlotte Corday quitte Caen pour Paris.

Le 11 juillet 1793 elle prend une chambre � l'h�tel de la Providence, rue des Vieux-Augustins (l'actuelle rue Herold dans le 1er arrondissement).

Le 13 juillet 1793, elle se rend au Palais-Royal o� elle ach�te un couteau de cuisine, puis se rend chez Marat, qui r�side au n� 30 de la rue des Cordeliers (l'actuelle rue de l'Ecole-de-M�decine dans le 6�me arrondissement).

Par deux fois, ses visites se soldent par un �chec, Marat �tant r�guli�rement victime de menaces, son entourage le prot�ge farouchement.

Elle se pr�sente une troisi�me fois en fin d'apr�s-midi en pr�textant avoir des nouvelles de la plus haute importance en provenance de Caen, � transmettre � Marat. Autoris�e � rentrer, il lui accorde un entretien, sans sortir de son bain, seul rem�de pour soulager l'ecz�ma qu'il avait contract� en 1791 en tentant de fuir par les �gouts les sympathisants du roi qui souhaitaient l'�liminer.

Seuls, ils discutent un petit moment puis elle sort son couteau et le frappe � la poitrine.

L'INSTRUCTION

Le flagrant d�lit

Arr�t�e imm�diatement, elle estinterrog�e sur place par le commissaire de la section du Th��tre-Fran�ais, qui a �t� alert� par la foule.

Elle ne se d�bat pas et avoue son crime. En effet, le proc�s-verbal de flagrant d�lit indique que "persuad�e que Marat �tait le principal auteur" des d�sastres commis en France "elle avait pr�f�r� faire le sacrifice de sa vie pour sauver son pays".

Sa chambre d'h�tel est perquisitionn�e dans la soir�e. Le proc�s-verbal �num�re ses v�tements et note la d�couverte de trois fragments de papier sur lesquels se trouvent inscrites diff�rentes adresses, dont celle du citoyen Duperret, d�put� girondin.

Elle est conduite � la prison de l'Abbaye (qui occupait une partie de l'actuel boulevard Saint-Germain) o� elle est gard�e � vue jour et nuit, priv�e de toute intimit�.

Diff�rents t�moins sont entendus, comme le gar�on d'h�tel, ou la cuisini�re et tous l'accablent, notamment Simone Evrard, la concubine de Marat, �g�e de 27 ans, qui d�clare que Charlotte Corday, a profit� d'un moment d'absence de sa part "pour enfoncer un couteau dans le sein du citoyen Marat".

Lors de son interrogatoire men� par le pr�sident du Tribunal r�volutionnaire, Jacques Bernard-Marie Montan�, Charlotte Corday reconna�t les faits et raconte qu'elle n'est venue "que pour tuer Marat" lui reprochant "la d�solation de la France [et] la guerre civile qu'il a allum� dans tout le royaume". Le qualifiant de "b�te f�roce", elle admet pourtant ne pas �tre en mesure de prouver les crimes dont elle le taxe mais soutient que "Marat avait un masque sur la figure". Elle relate son entretien avec le d�put� montagnard au cours duquel elle a affect� de lui communiquer les noms de d�put�s girondins pr�sents � Caen, apr�s quoi il lui aurait assur� "qu'il les ferait bient�t tous guillotiner � Paris". A ces paroles, elle confesse l'avoir tu� � l'instant avec le couteau qu'elle s'�tait procur� dans la matin�e.

Le crime, la pr�m�ditation et les motifs �tant suffisamment �tablis, le pr�sident Montan� cherche � savoir si elle a re�u de l'aide et approfondir la nature de ses relations avec les d�put�s girondins pr�sents � Caen. En effet, le Tribunal r�volutionnaire consid�re le d�put� Duperret et l'�v�que constitutionnel Fauchet comme ses principaux complices. Montan� affirme "qu'elle ne persuaderait qui que ce soit qu'une personne de son �ge et de son sexe ait con�u un pareil attentat". Sa r�ponse: "C'est bien mal conna�tre le coeur humain. Il est plus facile d'ex�cuter un tel projet d'apr�s sa propre haine que d'apr�s celle des autres."

Elle est transf�r�e le soir m�me � la Conciergerie.

Les faits imput�s

Charlotte Corday est alors accus�e "d'avoir m�chamment et de dessein pr�m�dit�, �tant � Caen, form� le projet d'attenter � la repr�sentation nationale, en assassinant Marat, d�put� � la Convention (...) ce qui est contraire � l'article 4 section trois du Titre premier et � l'article 11 section premi�re du Titre second du Code p�nal".

Article 4 (section 3, titre 1, II�me partie) : Toute conspiration ou attentat, pour emp�cher la r�union, ou op�rer la dissolution du corps l�gislatif, ou pour emp�cher par force et violence la libert� de ses d�lib�rations, tout attentat contre la libert� individuelle d’un de ses membres, seront punis de mort. Tous ceux qui auront particip� auxdites conspirations ou attentats par les ordres qu’ils auront donn� ou ex�cut�, subiront la peine port�e au pr�sent article.

Article 11 (section 1, titre 2, II�me partie) : L'homicide commis avec pr�m�ditation sera qualifi� d'assassinat et puni de mort.

LE PROCES

Un acte revendiqu�

Son proc�s s'ouvre le 17 juillet 1793 � 8 heures du matin.

N'ayant pu �tre repr�sent�e par le d�fenseur qu'elle s'�tait choisie; le d�put� girondin Doulcet de Pont�coulant (il existe une hypoth�se selon laquelle Fouquier-Tinville aurait fait en sorte qu'il soit averti trop tard), c'est l'avocat Claude-Fran�ois Chauveau-Lagarde, pr�sent � l'audience qui va �tre d�sign� par le pr�sident du Tribunal r�volutionnaire pour assurer sa d�fense.

Apr�s la lecture de l'acte d'accusation qui rappelle les faits, une vingtaine de t�moins sont entendus. Chaque d�position est confirm�e d'un "c'est vrai" de la part de l'accus�e elle-m�me.

Le pr�sident Montan�, ne pouvant admettre l'id�e qu'une femme seule ait pu fomenter un tel projet, appelle Duperret et Fauchet � la barre. Ils seront finalement mis hors de cause.

Puis il est fait lecture d'une lettre destin�e � son p�re, intercept�e plus t�t :

"Pardonnez-moi, mon cher papa, d'avoir dispos� de mon existence sans votre permission. J'ai veng� bien d'innocentes victimes, j'ai pr�venu bien d'autres d�sastres. Le peuple, un jour d�sabus�, se r�jouira d'�tre d�livr� d'un tyran. Si j'ai cherch� � vous persuader que je passais en Angleterre, c'est que j'esp�rais garder l'incognito, mais j'en ai reconnu l'impossibilit�. J'esp�re que vous ne serez point tourment�. En tout cas, je crois que vous auriez des d�fenseurs � Caen. J'ai pris pour d�fenseur Gustave Doulcet: un tel attentat ne permet nulle d�fense, c'est pour la forme. Adieu, mon cher papa, je vous prie de m'oublier, ou plut�t de vous r�jouir de mon sort, la cause en est belle. J'embrasse ma soeur que j'aime de tout mon coeur, ainsi que tous mes parents. N'oubliez pas ce vers de Corneille:

Le crime fait la honte, et non pas l'�chafaud!

C'est demain � huit heures, qu'on me juge. Ce 16 juillet."

Suite � la pr�sentation du couteau qu'elle admet reconna�tre, intervient son avocat :

"L'accus� avoue avec sang-froid l'horrible attentat qu'elle a commis; elle en avoue avec sang-froid la longue pr�m�ditation; elle en avoue les circonstances les plus affreuses: en un mot, elle avoue tout, et ne cherche pas m�me � se justifier. Voil�, citoyens jur�s, sa d�fense toute enti�re. Le calme imperturbable et cette enti�re abn�gation de soi-m�me, qui n'annoncent aucun remords, et, pour ainsi dire, en pr�sence de la mort m�me; ce calme et cette abn�gation sublimes sous un rapport ne sont pas dans la nature: ils ne peuvent s'expliquer que par l'exaltation du fanatisme politique qui lui a mis le poignard � la main. Et c'est � vous, citoyens jur�s, � juger de quel poids doit �tre cette consid�ration morale dans la balance de la justice. Je m'en rapporte � votre prudence."

Le jugement

Trois questions sont soumises aux jur�s :

  • Est-il constant que le treize du pr�sent mois de juillet, entre sept et huit heures du soir, Jean-Paul Marat, D�put� � la Convention nationale a �t� assassin� chez lui dans un bain, d'un coup de couteau dans le sein duquel coup il est d�c�d� � l'instant ?

  • Marie-Anne-Charlotte Corday, ci-devant Dormant (sic), �g�e de vingt-cinq ans, fille de Jacques-Fran�ois Corday, ci-devant Dormant ex-noble, habitante de Caen, d�partement du Calvados, est-elle l'auteur de cet assassinat ?

  • L'a-t-elle fait avec des intentions criminelles et pr�m�dit�es ?

Charlotte Corday est reconnue coupable et condamn�e � la peine de mort. Avant d'�tre ramen�e en cellule, elle exprime un dernier souhait : que son portrait soit r�alis�.

En fin d'apr�s-midi, elle est conduite � l'�chafaud place de la R�volution, v�tue de la chemise rouge des assassins (en vertu de l'article 4, titre 1, I�re partie du Code p�nal). Elle est guilotin�e le 17 juillet 1793 � 18 heures 30.

LES CONSEQUENCES DE L'ASSASSINAT DE MARAT

Le proc�s de Charlotte Corday symbolise la prise de parole politique par une femme. Revendiquant son acte, elle utilise son proc�s pour exprimer ses motivations politiques personnelles. Marginalis�e et exclue de la vie politique, la femme sous la R�volution est cantonn�e � la sph�re maternelle et domestique.

La mort de Marat marque un tournant dans la R�volution mais aux antipodes de celui escompt� par Charlotte Corday. A peine deux mois apr�s son crime, la Terreur mise � l'ordre du jour le 5 septembre 1793 acc�l�re et g�n�ralise les massacres en France. Elev� au rang de martyr, le corps de Marat est transf�r� au Panth�on le 5 septembre 1794. En 1795, il est finalement inhum� au cimeti�re (aujourd'hui disparu) de Sainte-Genevi�ve, pr�s de l'�glise Saint-Etienne-du-Mont.

Outil de propagande (notamment par Louis-Philippe sous la Monarchie de Juillet) ou h�ro�ne tragique (Alphonse de Lamartine dans son "Histoire des Girondins" imagine la sc�ne du crime, le po�te Andr� Chenier lui consacre une ode...), Charlotte Corday demeure une figure historique de la France.

  

 Vidéos

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